KINOLATINO short films screening
Deux festivals pour porter un regard sur l’Amérique latine et les Caraïbes depuis Bruxelles
Pour la deuxième fois, le festival de cinéma KINOLATINO et PRÓXIMAMENTE s’associent pour réfléchir à la représentation d’une région appelée, dans le contexte actuel, l’Amérique latine et les Caraïbes, à travers une projection gratuite de quelques courts métrages particulièrement singuliers.
Depuis Bruxelles, ces deux festivals entrent en dialogue avec la région latino-américaine. Ils ne se limitent pas à montrer des images, mais interrogent également les conditions dans lesquelles celles-ci arrivent en Europe, y circulent et y sont reçues. Qui sommes-nous, nous qui, depuis Bruxelles, cherchons à programmer la région et à penser avec elle ? Comment observer sans extraire ? Comment rapprocher les réalités et les publics sans traduire ce qui nous est étranger dans une langue qui nous est propre, au risque de le vider de son sens ? Comment nous rapporter aux œuvres et aux personnes dans un dialogue respectueux et sensible ?
La question sous-jacente ne porte donc pas seulement sur ce qui est montré, mais aussi sur le lieu depuis lequel on regarde et sur la manière dont on montre. Nous parlons de l’image en mouvement, des corps, des territoires et des mémoires, mais aussi de personnes en mouvement, de communautés en déplacement constant, de vies qui migrent, se croisent et se réinventent. Dans ce double mouvement réside une tension féconde : la caméra comme une forme de présence, et non d’appropriation ; le festival comme un lieu de rencontre, et non d’extraction.
Faire cela depuis Bruxelles, une ville traversée par les langues, les diasporas et les frontières, ajoute inévitablement une dimension supplémentaire. Historiquement, l’Europe a regardé la région à travers des cadres hérités : l’exotisation et la métaphore de la « découverte ». KINOLATINO et PRÓXIMAMENTE proposent un regard conscient de sa propre position, qui reconnaît le lieu depuis lequel il parle et qui préfère les questions aux verdicts. Il ne s’agit pas de venir parler de la région, mais d’apprendre de ses images et de celles et ceux qui les créent.
